En bref
Dans un cas simple, comptez trois à six mois entre la pose de l'implant et la couronne définitive. Une extraction préalable ajoute deux à quatre mois de cicatrisation osseuse, une greffe quatre à neuf mois de plus, et une dent provisoire est prévue quand la situation le permet.
Ce délai, c'est le temps que met l'os à se souder au titane. Si la dent doit d'abord être extraite, ajoutez deux à quatre mois. Si une greffe est nécessaire, quatre à neuf mois de plus. Une dent provisoire est prévue quand la situation le permet.
Les étapes, dans l'ordre
- Le bilan. Examen, imagerie tridimensionnelle, empreintes. C'est là que se décide tout le reste : volume d'os, proximité des structures anatomiques, état des dents voisines et des gencives.
- L'assainissement, s'il y a lieu. Une maladie parodontale se traite avant, jamais après. Un implant posé dans une bouche non assainie est un implant en sursis.
- L'extraction, si la dent est encore là, éventuellement avec un comblement dans le même temps.
- La pose de l'implant. Une séance, sous anesthésie locale, en général moins d'une heure pour un implant unitaire.
- L'ostéointégration. Deux à six mois pendant lesquels l'os colonise la surface de l'implant. Rien à faire, sinon ne pas solliciter la zone.
- La mise en fonction. Une petite pièce, la vis de cicatrisation, est mise en place pour guider la gencive.
- L'empreinte, puis la pose de la couronne définitive.
Entre l'étape 3 et l'étape 7, une dent provisoire assure l'esthétique et la fonction.
L'ostéointégration, le temps qu'on ne peut pas comprimer
C'est l'étape qui explique la durée totale, et c'est la seule sur laquelle personne n'a de prise.
Un implant n'est pas vissé dans l'os comme une cheville dans un mur. Sa surface est traitée pour que les cellules osseuses viennent s'y ancrer, cellule par cellule. Ce processus biologique prend deux à six mois selon la densité de l'os : plus court au maxillaire inférieur, où l'os est dense, plus long au maxillaire supérieur postérieur, où il est spongieux.
Précipiter cette étape est la première cause d'échec précoce. Un implant chargé trop tôt bouge de façon imperceptible, et ce micro-mouvement empêche l'os de se former.
C'est aussi pour cela que la durée annoncée varie d'un patient à l'autre, sur le même acte. Elle dépend de votre os, pas du praticien.
La vis de cicatrisation
C'est la petite pièce ronde que l'on voit dépasser de la gencive entre l'ostéointégration et la pose de la couronne. Elle ne sert pas à mastiquer, elle sert à former le contour de gencive dans lequel la couronne viendra s'insérer.
Elle reste en place en général deux à quatre semaines, parfois davantage quand la gencive demande à être modelée.
Si elle se dévisse ou tombe, ce n'est pas une urgence vitale mais il ne faut pas attendre : la gencive se referme vite, et il devient alors nécessaire de la rouvrir. Gardez la pièce, appelez le cabinet, et ne tentez pas de la remettre vous-même.
Une gêne, une sensation de bosse ou un léger saignement au brossage autour de la vis sont normaux les premiers jours.
Les suites de la pose
Elles ressemblent à celles d'une extraction, en plus modéré dans la majorité des cas.
Œdème maximal entre la 24ᵉ et la 48ᵉ heure, puis diminution. Froid les vingt-quatre premières heures, chaud après quarante-huit. Douleur qui décroît à partir du troisième jour.
Ce qui doit alerter : une douleur qui reprend après le troisième jour, un gonflement croissant, de la fièvre, un écoulement, un engourdissement de la lèvre qui se prolonge au-delà de ce qui vous a été annoncé.
Une douleur qui apparaît un mois après la pose, alors que tout allait bien, n'est jamais banale. Elle évoque une infection ou un défaut d'intégration, et elle se regarde rapidement. À ce stade les choses se rattrapent, plus tard beaucoup moins.
Ce qui allonge, ce qui raccourcit
Ce qui allonge : une greffe osseuse ou une élévation sinusienne, une maladie parodontale à traiter d'abord, un os de faible densité, le tabac, un diabète mal équilibré, et une extraction récente qui doit cicatriser.
Ce qui raccourcit : un os dense et volumineux, une pose immédiate après extraction quand l'anatomie s'y prête, une mise en charge immédiate lorsque la stabilité primaire de l'implant est suffisante. Cette dernière option existe, elle est documentée, et elle ne s'applique pas à tout le monde : elle dépend de la façon dont l'implant tient dans l'os le jour de la pose, ce qui se mesure et ne se décide pas à l'avance.
Une question fréquente : est-il trop tard ? Non, dans la très grande majorité des cas. Une dent perdue depuis dix ans se remplace, au prix éventuel d'une reconstruction du volume osseux. Ce qui rend les choses plus difficiles n'est pas le temps écoulé, c'est ce qui s'est passé pendant.
Quand appeler le cabinet
- Une douleur qui reprend après le 3ᵉ jour suivant la pose.
- Une douleur qui apparaît des semaines après, alors que tout allait bien.
- Une vis de cicatrisation qui se dévisse ou tombe : rapidement, la gencive se referme.
- Un engourdissement de la lèvre ou du menton qui se prolonge.
Questions fréquentes
Combien de temps la vis de cicatrisation reste-t-elle ?
En général deux à quatre semaines, le temps que la gencive prenne la forme qui accueillera la couronne. Parfois davantage quand le contour demande à être modelé.
Ma vis de cicatrisation est tombée, que faire ?
Gardez-la, ne tentez pas de la remettre, et appelez le cabinet sans attendre. La gencive se referme rapidement sur l'implant, et il faudrait alors la rouvrir.
J'ai mal un mois après la pose, est-ce normal ?
Non. Une douleur qui apparaît après une période sans symptôme évoque une infection ou un défaut d'intégration. Elle se regarde vite : à ce stade la situation se rattrape.
Est-il trop tard, ma dent est perdue depuis des années ?
Presque jamais. Le délai en lui-même n'est pas un obstacle. Ce qui compte est le volume d'os restant, qui se mesure en une imagerie, et l'état des gencives.