En bref
L'inlay reste à l'intérieur des cuspides, comme un plombage taillé au laboratoire, l'onlay recouvre en plus une ou plusieurs cuspides, et l'overlay toute la surface de mastication. L'inlay-core n'a rien à voir : c'est un ancrage scellé dans la racine d'une dent dévitalisée.
Ces trois noms désignent une même famille de restaurations collées, faites au laboratoire ou par usinage : seule l'étendue de dent à recouvrir les distingue, de l'intérieur des cuspides pour l'inlay à une ou plusieurs cuspides pour l'onlay et à toute la table de mastication pour l'overlay. L'inlay-core, malgré son nom, appartient à un tout autre registre : c'est une pièce ancrée dans la racine d'une dent dévitalisée, destinée à supporter une couronne.
La différence, en une image
Imaginez le dessus d'une molaire comme un plateau bordé de quatre petits sommets, les cuspides.
L'inlay comble un creux entre ces sommets, sans y toucher. Il remplace un ancien soin trop étendu pour un composite, mais la dent conserve ses reliefs.
L'onlay va plus loin : une ou plusieurs cuspides sont fêlées ou trop affaiblies, on les recouvre. La pièce coiffe une partie du plateau.
L'overlay recouvre l'ensemble du plateau, sans descendre sur les faces latérales. On y vient quand la dent est très délabrée, ou quand il faut redonner de la hauteur.
Aucune de ces trois pièces n'enveloppe la dent sur tout son pourtour. C'est ce qui les sépare de la couronne, qui, elle, la coiffe entièrement.
L'inlay-core, l'intrus
Le mot ressemble aux précédents et désigne une situation opposée.
Quand une dent a été dévitalisée et qu'il reste trop peu de matière au-dessus de la gencive, on ne peut plus rien coller dessus. On ancre alors une pièce dans la racine, souvent métallique, dont dépasse un moignon. Cette pièce, c'est l'inlay-core, aussi appelée reconstitution corono-radiculaire.
Elle n'est jamais visible. Elle n'est pas une restauration en soi : elle sert de fondation à la couronne qui sera posée par-dessus.
Retenez ceci pour ne plus confondre. Inlay, onlay et overlay se collent sur une dent vivante ou dévitalisée qui a encore de la matière. L'inlay-core se scelle dans une racine qui n'en a presque plus. Ce sont deux étapes très éloignées de la vie d'une dent.
Quand on choisit quoi
Le choix se fait sur une seule question : combien de dent reste-t-il, et où.
- Une petite cavité, un ancien soin limité : un composite posé directement en bouche suffit, et c'est la solution la plus économe en tissu dentaire.
- Une cavité large, avec des parois encore solides : inlay. La pièce est faite en dehors de la bouche, ce qui donne des points de contact et une forme plus précis qu'un composite volumineux.
- Une ou plusieurs cuspides fragilisées, une fêlure : onlay ou overlay. Recouvrir une cuspide affaiblie évite qu'elle ne casse un jour au ras de la gencive, ce qui coûterait la dent.
- Une dent délabrée sur tout son pourtour, ou dévitalisée et très réduite : couronne, avec ou sans inlay-core selon ce qui reste.
La logique générale de la dentisterie actuelle est de conserver le plus de tissu possible et de descendre le moins bas possible. Un onlay est souvent préférable à une couronne quand les deux sont envisageables, parce qu'il épargne les faces latérales de la dent.
Les matériaux, et ce qu'ils changent
Deux familles pour les inlays, onlays et overlays.
Les céramiques. Solides, stables dans le temps, elles ne se colorent pas et leur rendu est proche de l'émail. Elles se collent, ce qui participe à la solidité de l'ensemble : la pièce et la dent forment un bloc.
Les composites de laboratoire. Un peu plus souples, ce qui peut être un avantage face à une dent antagoniste fragile, et plus faciles à retoucher. Ils vieillissent moins bien en teinte.
Le choix se discute selon la position de la dent, votre façon de serrer les dents et ce qui se trouve en face. Un patient qui serre fortement la nuit ne relève pas des mêmes matériaux qu'un autre, et cela se voit à l'examen.
Comment ça se passe
- La dent est nettoyée de l'ancien soin et de la carie, et sa forme est préparée pour recevoir la pièce.
- Une empreinte est prise, optique le plus souvent, sans pâte dans la bouche.
- La pièce est conçue puis usinée ou stratifiée. Selon l'équipement et le cas, cela se fait au laboratoire, avec une restauration provisoire entre les deux.
- L'essayage vérifie l'ajustage, les points de contact avec les dents voisines et la teinte.
- Le collage se fait sous champ étanche, parce que l'humidité est l'ennemie de l'adhésion. Cette étape conditionne la durée de vie de la pièce plus que le matériau lui-même.
- Les contacts avec les dents du bas sont ajustés, et la surface est polie.
Combien de temps ça tient
Une restauration collée correctement réalisée se compte en années, souvent en dizaines d'années. Ce qui fait la différence n'est pas la pièce, c'est ce qui l'entoure.
Ce qui l'use ou la fait céder : le serrement des dents nocturne, une hygiène qui laisse la carie reprendre au bord de la pièce, une dent dévitalisée devenue cassante, un contact mal réglé qui concentre les forces au même endroit.
Ce qui la protège : une gouttière si vous serrez, un nettoyage interdentaire quotidien, et des contrôles où l'on regarde les bords à la sonde et sur radiographie.
Une pièce ne se remplace presque jamais pour usure. Elle se remplace parce qu'une carie a repris dessous, et cela se voit avant que ça ne fasse mal.
Quand appeler le cabinet
- Une dent qui réagit au froid ou au sucre après un ancien soin.
- Une sensation de fêlure, ou une douleur brève à la mastication sur une dent précise.
- Un bord d'ancien soin qui accroche le fil dentaire.
- Une dent dévitalisée non protégée : elle est cassante, et le temps joue contre elle.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un inlay et un onlay ?
La surface recouverte. L'inlay reste à l'intérieur des cuspides, l'onlay en recouvre une ou plusieurs. Même famille, même technique de collage, seule l'étendue change.
Inlay-onlay ou couronne ?
Quand les deux sont possibles, l'onlay est en général préférable, parce qu'il épargne les faces latérales de la dent. La couronne s'impose quand le délabrement fait le tour de la dent ou qu'il ne reste pas assez de matière pour coller.
Un inlay peut-il se décoller ?
C'est rare quand le collage a été fait sous champ étanche. Un décollement traduit le plus souvent une contamination pendant la pose, une carie qui a repris au bord, ou une surcharge liée au serrement des dents.
L'inlay-core est-il la même chose ?
Non, et c'est la confusion la plus fréquente. L'inlay-core est un ancrage scellé dans la racine d'une dent dévitalisée, invisible, destiné à supporter une couronne. Rien à voir avec une restauration collée.