En bref
La douleur culmine dans les 24 à 48 heures, quand l'anesthésie est dissipée, diminue nettement à partir du 3ᵉ jour, et une gêne faible peut durer une à deux semaines. Une douleur qui remonte au 2ᵉ ou au 3ᵉ jour évoque une alvéolite.
Une fois l'anesthésie dissipée, la douleur atteint son maximum dans les 24 à 48 heures qui suivent l'extraction, puis décroît nettement à partir du 3ᵉ jour. Une gêne faible peut persister une à deux semaines, surtout après une extraction chirurgicale. Le critère utile n'est pas le niveau de douleur mais son évolution : tant qu'elle diminue, elle suit son cours.
La courbe normale
Les premières heures. L'anesthésie couvre encore la zone. C'est le moment de prendre le premier antalgique, avant que la sensibilité ne revienne, et non après.
24 à 48 heures. Le pic. La douleur est réelle, mais elle répond aux antalgiques prescrits.
Jour 3 et au-delà. La décroissance s'installe et devient nette de jour en jour.
Une à deux semaines. Une sensibilité résiduelle à la mastication ou au froid peut subsister, surtout si la gencive a dû être décollée. Elle est faible et régulière.
Cette courbe est la même pour une extraction simple et pour une extraction chirurgicale. Ce qui change, c'est l'amplitude, pas la forme.
Ce qui aide
- Prendre l'antalgique avant la fin de l'anesthésie, puis à intervalles réguliers le premier jour, plutôt qu'en rattrapage.
- Du froid sur la joue les 24 premières heures, par cycles de vingt minutes.
- Dormir la tête surélevée les deux premières nuits.
- Une alimentation tiède et molle, en mastiquant de l'autre côté.
- Reprendre l'hygiène sur le reste de la bouche dès le premier soir, en contournant la zone.
- À partir de 24 heures, des bains de bouche tièdes légèrement salés, sans agiter.
Sur les médicaments : le paracétamol est le recours de première intention, et l'ordonnance qui vous a été remise prime sur tout ce que vous pourrez lire. L'aspirine est à éviter dans les jours qui suivent, parce qu'elle fluidifie le sang. Si vous prenez un anticoagulant ou un antiagrégant, cela se signale avant l'intervention, jamais après.
Quand la douleur repart
C'est le motif d'appel le plus fréquent, et c'est presque toujours la même chose.
L'alvéolite survient entre le 2ᵉ et le 4ᵉ jour, quand le caillot ne s'est pas maintenu et que l'os reste exposé. La douleur repart alors qu'elle diminuait, elle est sourde et continue, elle irradie vers l'oreille ou la tempe, et les antalgiques habituels la calment mal.
Ce n'est généralement pas grave, et cela se complique rarement, mais cela ne passe pas seul et c'est très douloureux. Un nettoyage de l'alvéole et la mise en place d'un pansement soulagent en général dans la journée. Il n'y a aucun intérêt à tenir plusieurs jours.
Une infection, plus rare, se distingue par du gonflement, de la fièvre, un écoulement, une bouche qui s'ouvre de moins en moins.
Le facteur de risque numéro un de l'alvéolite reste le tabac. Le second est la paille.
Le saignement, et le bon geste
Un suintement rosé pendant vingt-quatre heures est normal, et il paraît toujours plus abondant qu'il ne l'est, parce que la salive le dilue.
Le geste qui règle presque tous les cas : mordre fermement sur une compresse propre pliée, placée directement sur l'alvéole, pendant 30 minutes sans la soulever. C'est le fait de vérifier toutes les deux minutes qui empêche le caillot de se former.
Si le saignement reprend franchement après vingt à trente minutes de compression bien tenue, appelez. Ne multipliez pas les rinçages, qui entretiennent le phénomène.
Quand appeler le cabinet
- Une douleur qui reprend ou augmente à partir du 2ᵉ ou 3ᵉ jour.
- Une douleur que les antalgiques prescrits ne soulagent plus.
- Un saignement franc qui persiste après vingt à trente minutes de compression.
- De la fièvre, un gonflement croissant, ou une bouche qui s'ouvre de moins en moins.
Questions fréquentes
Combien de jours d'arrêt faut-il prévoir ?
Souvent aucun après une extraction simple. Deux à trois jours après une dent de sagesse incluse, plus si votre activité est physique. Ce point se règle en consultation avant l'intervention.
La douleur irradie vers l'oreille, est-ce normal ?
Sur les dents du bas, une irradiation vers l'oreille est fréquente les premiers jours. Ce qui compte est le sens de l'évolution : si cette douleur apparaît ou s'aggrave au 2ᵉ ou 3ᵉ jour, elle évoque une alvéolite et justifie un appel.
Puis-je prendre de l'ibuprofène ?
Suivez l'ordonnance qui vous a été remise. Les anti-inflammatoires ne conviennent pas à toutes les situations, en particulier en contexte infectieux, et ils sont contre-indiqués chez certains patients. C'est une question à poser au cabinet, pas à trancher seul.
Quand puis-je remanger normalement ?
Tiède et mou les deux premiers jours, puis reprise progressive selon le confort. Évitez les aliments à petits grains et les aliments durs pendant une semaine, ils se logent dans l'alvéole.